Tabac et myopie : un facteur de risque évitable pour la perte de vision ?
Une étude présentée lors du congrès de l’Association for Research in Vision and Ophthalmology (ARVO) suggère que le tabagisme pourrait être un facteur de risque modifiable de déficience visuelle chez les personnes atteintes de myopie faible à modérée.
Les chercheurs ont analysé les données de plus de 80 000 participants de la UK Biobank, puis confirmé leurs résultats dans une seconde cohorte de plus de 12 000 personnes issue de l’étude américaine NHANES. Ils ont observé que le tabagisme était associé à un risque accru de déficience visuelle chez les patients faiblement myopes, alors qu’aucune association n’a été retrouvée chez les personnes fortement myopes ou non myopes.
Les auteurs avancent une explication biologique liée à la choroïde, la couche vasculaire située sous la rétine. Chez les fumeurs faiblement myopes, un épaississement significatif de cette structure a été observé, suggérant un mécanisme potentiel expliquant l’augmentation du risque visuel.
Autre constat encourageant : les anciens fumeurs ne présentaient pas de surrisque par rapport aux non-fumeurs, ce qui laisse penser que l’arrêt du tabac pourrait réduire ce risque.
Selon les chercheurs, il s’agit du premier facteur de risque modifiable identifié pour prévenir la déficience visuelle liée à la myopie chez l’adulte. Ces résultats soulignent l’importance d’intégrer la prévention du tabagisme et l’aide au sevrage dans la prise en charge des patients myopes, en particulier avec l’avancée en âge.
